• mr peanut adam rossDavid Pepin a toujours aimé sa femme, Alice. Impossible pour lui de concevoir sa vie sans elle. Pourtant, depuis quelque temps, il rêve de sa mort... Mais peut-on être coupable des rêves que l'on fait ?

    Le problème, c'est qu'Alice meurt. Réellement. Pour les deux inspecteurs en charge de l'enquête, David apparaît aussi suspect qu'il est désemparé. Mesurant sa culpabilité à l'aune de leur propre histoire conjugale, il leur devient clair que son rôle ne se limite pas à celui du mari inconsolable...

     

     

     

     

    Si vous avez envie de lire un roman policier différent des autres, n’hésitez pas, saisissez-vous de celui-ci. C’est un vrai objet littéraire, avec mise en abyme permanente, avec le travail d’écrivain au centre de l’intrigue, mais aussi une belle dissection, en live, des rapports amoureux…

     

    On passe de longs moments avec chacun des trois hommes, dont pourtant David est le cœur, on pourrait presque dire d’ailleurs chœur, car chacune de ces histoires, chacun de ces mariages se font écho, entonnant un chant choral mystérieux et envoûtant, au charme hypnotisant. Trois histoires d’amour vues par les hommes, trois histoires où les époux peinent dans tous les sens du terme dans leur vie de couple, pour semble-t’il différentes raisons, mais finalement c’est un tout : comment vit-on ensemble toute une vie, en s’aimant de bout en bout, en toute honnêteté ?

     

    Pourtant, le côté polar, me direz-vous ? Où est-il ? Il est d’abord dans le mystère de la mort d’Alice, puis les deux inspecteurs en charge de l’enquête vont nous mener sur des sentiers inattendus ; on va notamment rencontrer l’homme dont l’histoire vraie a inspiré la célèbre série TV, Le fugitif. Le présent va peu à peu s’effacer au profit d’une plongée dans le passé, quand tout a commencé : les rencontres, les premiers émois, puis la vie tout simplement…

     

    Je parlais de mise en abyme, au début de cette chronique… Mais l’auteur ne s’est pas contenté de nous balader dans la sienne, il nous a également embarqué dans celle d’un autre, celle d’un grand cinéaste, M. Alfred Hitchcock… C’est assez hallucinant, comment la construction de Mr. Peanut répond parfaitement à la biographie et l’œuvre du réalisateur, un hommage sans nul doute, mais très habile, et dont on a discerne mal les contours au prime abord, tant c’est habile.

     

    Parce que Mr. Peanut, ce n’est pas un roman froid (et pourtant, il est cruel, et grinçant), où l’on peut voir les ficelles utilisées par Adam Ross, loin de là ! C’est bouillant d’émotions : amour, colère, désir, répulsion, culpabilité, déception, dégoût, pardon, compréhension… Et c’est peu à peu, lentement, que se dévoile le nœud de ce roman à part, noir dans l'âme. On repose le livre avec une boule au creux de l’estomac, la gorge serrée, la tête un peu à l’envers : démêler le vrai du faux, distinguer le réel que reflète le miroir, pas évident… La tête me tourne, et j’ai pris une claque bien méritée : je n’ai pas réussi à décrocher, en proie à une espèce de voyeurisme, motivée par le sens du devoir de tout lecteur : connaître le fin mot, avoir des réponses à mes interrogations.

     

    Au final, j’aurais assisté à trois mariages, non quatre, peut-être cinq si je lis les remerciements de l’auteur…  Et si, je n’en avais vu qu’un ?  Adam Ross nous renvoie à nos propres réalités, à nos mirages, à nos craintes, à nos rêves les plus fous, à nos angoisses, et à nos fantasmes délirants…  Et si, un jour, le rêve prenait forme, au-delà de toute logique ? Et si, un jour, nous devenions des personnages de roman ?

     

    Je vous laisse juge en vous recommandant vivement Mr. Peanut, vous laissant aller à la rencontre de ses héros, finement portraitisés et fascinants… Ils pourraient être nous ! Et pourtant, la trame romanesque les emporte, et nous avec !

     

    Bref : un polar psychologique très habile, et surprenant du premier au dernier mot, parce qu'un roman avant tout.

     

    Le petit plus : pour une première oeuvre, c’est un vrai coup de maître !

     

    Sur l'idée de la mise en abyme : Les Fleurs de l'ombre, de Steve Mosby - La forêt des ombres, de Franck Thilliez - Thérapie, de Sebastian Fitzek - La commissaire n'aime point les vers, de Georges Flipo - Le dos au mur, de Christophe Lambert.

     

     

    Mr. Peanut, d'Adam Ross Mr. Peanut, d'Adam RossMr. Peanut, d'Adam Ross

     

     

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  • un père idéal paul cleaveJack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s'attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l'histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande.

    Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d'avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines. Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c'est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu'il va se tourner pour prendre conseil.

    Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L'instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ? Autant de questions qu'Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l'horreur.

     

    Plutôt fan de la maison d'édition Sonatine, chez qui j'ai lu quelques très bons thrillers (La compagnie des menteurs, Les lieux sombres, Les Fleurs de l'ombre...), quand est venu le temps du rendez-vous de Destination Nouvelle-Zélande, c'est assez naturellement que mon choix s'est porté sur Un père idéal de Paul Cleave.

     

    L'intérêt du rendez-vous organisé par Evertkhorus est, pour moi, de lire dans le meilleur des cas un auteur du pays choisi... question d'authencité, dirais-je ! Eh bien, pari gagné ici avec Paul Cleave, originaire de Christchirch, ville néo-zélandaise, où se situe l'action de ce roman. C'est Noël, mais un Noël écrasé par la lourde chaleur étouffante qui règne, on transpire rien qu'à le lire !

     

    Mais les frissons nous gagnent dès le prologue, où l'on découvre le narrateur, Edward, fils de Jack Hunter, dit Jack le Chasseur, tueur de prostituées arrêté il y a quelques vingt ans, et auquel Edward se refuse absolument à ressembler, et pourtant, dès le début, le doute s'installe...

     

    La vie bien rangée et heureuse que s'est construit cette homme s'écroule en quelques minutes, et nous allons le suivre dans cette descente aux enfers, plongée macabre effroyablement rapide, violente et aux rebondissements nombreux. Paul Cleave nous abreuve de détails d'une vie quotidienne terriblement banale et pourtant agréable, joyeuse, avec des projets de famille, et j'ai craint un instant d'être submergée ainsi tout au long d'Un père idéal. Mais, j'ai vite été rassurée, car ce n'était que pour mieux marquer le contraste avec l'action qui ne va cesser jusqu'à la fin...

     

    Efficace, le style de l'auteur emporte le lecteur avec rythme, coupant certains moments où tout s'enchaîne par d'autres plus introspectifs. Il est clair que se trouver dans la tête d'Edward, aux prises avec son sombre héritage, se rapproche pour moi de la série de Jeff Lindsay consacrée à Ce cher Dexter. Mais, il y a là quelque chose de différent, car ce texte est aussi empli de l'amour que porte le héros à sa femme et sa fille.

     

    La narration alterne avec le récit des actes et donc de l'enquête menée par l'inspecteur en charge du dossier, nous faisant voir le héros sous un angle extérieur, et donc intéressant. D'autant que les oppose leur vision respective de Christchurch, dont nous découvrons divers aspects : la banlieue des employés, le centre ville où ça fourmille, la zone qui s'étend tel un virus... L'auteur en profite pour monter un roman à charge contre l'indifférence, le voyeurisme médiatique, les préjugés, l'argent au centre des intérêts plus que l'humain...

     

    Finalement, après bien des émotions, quelquefois le coeur serré, d'autres le sourire goguenard aux lèvres, nous arrivons là où nous ne nous y attendions pas, surprise ! Et encore, je n'ai pas raconté tout le voyage : je vous laisse le soin de réserver votre billet vous-même et de prendre votre envol pour cette île du Pacifique !

     

    Bref : un bon thriller, à la fois psychologique, et bourré d'action, et un bel aperçu de la société de Christchurch.

     

    Le petit plus : A lire en écoutant l'excellent groupe néo-zélandais Tall Dwarfs ou son chanteur Chris Knox... et quelques références au Boucher de Christchurch, héros du précédent roman de M. Cleave, Un employé modèle, que je vais certainement rapidement lire !

     

    Qu'en ont pensé mes camarades de voyage ?

     

     

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  • hannibal lecter 3 hannibal thomas harrisSept ans ont passé depuis Le Silence des agneaux. Depuis, Hannibal Lecter vit sous nom d'emprunt à Florence, en Italie, où le faux docteur, vrai serial killer, mène la grande vie. Sur ses traces, Clarice Sterling, agent modèle du FBI. Mais elle n'est pas la seule à le pister : Mason Verger, une des premières victimes d'Hannibal Lecter, attend sa vengeance. La lutte peut-elle être égale entre cet homme cloué à son lit d'hôpital, accroché à son respirateur artificiel, qui tente de tirer parti de toutes les potentialités d'Internet pour mener sa traque, et le redoutable Lecter ?

     

     

     

     

    Après avoir lu les deux premiers de la série consacrée à l'un des plus grands serial-killers de fiction  , je me suis décidée à attaquer celui-ci, ne pouvant résister à la tentation de me colleter encore une fois avec Hannibal Lecter, et l'un des plus grands interdits de l'humanité : le cannibalisme.

     

    J'avais vu l'adaptation cinématographique, et je n'en suis pas une grande fan, même si je dois reconnaître qu'elle est plutôt fidèle au roman, exceptée la fin. Mais il manque tout de même tous ces moments où l'on découvre un Hannibal en prise avec son passé, notamment ses souvenirs de Mischa, sa jeune soeur... J'y ai apprécié également le travail de Thomas Harris pour mieux nous faire approcher l'esprit de cet homme hors du commun, sa façon de fonctionner, de réfléchir, de ressentir.

     

    Du côté de l'intrigue, j'y ai eu peu de surprises, du fait de ma connaissance du film, mais cela ne m'a pas empêché de détester Mason Verger, ainsi que quelques autres tristes sires ; j'avoue même avoir éprouvé de l'empathie pour le Dr Lecter alors que sa victime n'a su que m'inspirer dégoût et répulsion. Un peu comme pour Ce cher Dexter, de Jeff Lindsay, autre tueur en série, dont on comprend ou presque les motivations...

     

    Je ne peux que vous conseiller de lire cet opus, dont j'ai pourtant lu ici ou là qu'il était en dessous des deux précédents... En effet, il y règne une vraie ambiance, l'intrigue y est très bien menée, et le tout se termine en apothéose dans une fin aux couleurs surréalistes et pourtant logique à la lumière des événements qui y ont conduit les différents protagonistes.

     

    Bref : un volet indispensable pour mieux appréhender Hannibal et Clarice, et pour boucler leurs destins.

     

    Le petit plus : malgré le gore de certaines scènes, l'âme poétique et artistique du Dr Lecter apporte à Hannibal une dimension allégorique.

     

    Dans la série : Dragon Rouge

     

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  • le premier sang sire cédricLes plus grandes terreurs naissent dans l’enfance et prennent racine au plus profond de nous.
    Qu’est-ce qui les fait resurgir ? Sommes-nous capables de les surmonter ?

    Par une nuit d’hiver glacée, deux flics de la criminelle, partis pour surveiller un parrain de la drogue en banlieue parisienne, mettent les pieds dans une étrange affaire. Leur principal suspect est mort brûlé vif dans son appartement et les méthodes employées ne ressemblent pas à un règlement de compte. Eva Svärta, la policière albinos, dominée par le désir obsessionnel de retrouver le meurtrier de sa mère et de sa sœur jumelle, pressent un danger imminent. Et si les fantômes du passé se mettaient à reprendre vie ? Hallucination ou réalité ?

     

     

    Eva Svärta et Alexandre Vauvert nous reviennent après De fièvre et de sang, dans un opus encore bien ténébreux, parsemé de tâches voire de flots de sang... attention aux éclaboussures !

     

    Sur fond de spiritisme, messes noires et autres inspirés sans doute de rituels obscurs, Sire Cédric  nous plonge une nouvelle fois dans les méandres de la magie au service de la folie de personnages frappants. Après la Comtesse Sanglante du précédent volet, nous avons affaire à nouveau à des ambitieux, imbibés de mythes et mythologies auxquels ils croient profondément... tant et si bien qu'ils nous font douter !

     

    « Afin qu’Adam goûtât le fiel avant le miel,
    Et le baiser du gouffre avant celui du ciel.
    Eve était nue. Isis Lilith était voilée.
    Les corbeaux l’entouraient de leur fauve volée ;
    Les hommes la nommaient Sort, Fortune, Ananké ;
    Son temple était muré, son prêtre était masqué ;
    Elle buvait du sang dans le bois solitaire ;
    Elle avait des autels effrayants. Et la terre
    Subissait cette abjecte et double obscurité :
    En bas Idolâtrie, en haut Fatalité. »
    (Victor Hugo, La fin de Satan - 1886)

     

    Car l'auteur français, outre la maîtrise de ce thriller, emmène le lecteur dans des dimensions insoupçonnées qui, pourtant, résonnent familièrement. Dès les premières pages, où nous découvrons Madeleine, à la personnalité hors du commun,  nous sommes happés par une distorsion de notre réalité, sans pouvoir réfléchir, tant les événements sont abrupts, et d'un réalisme paradoxal.

     

    Dans un style direct, sans fioritures, dans des chapitres courts où alternent flash-back et parcours croisés des acteurs du Premier sang, entrecoupés de pages blanches où seuls quelques mots, quelques phrases trouent le récit comme dans un rêve hallucinatoire, l'intrigue finement ciselée place le lecteur au centre de drames spectaculaires.

     

    Action, enquête fébrile et néanmoins minutieuse, intuitions, visions, hémoglobine, sacrifices, croyances, empathie, éléments déjà présents dans De fièvre et de sang, sont les symptômes de ce roman. Et pourtant,  peu à peu, se dessine plus précisément le destin des deux héros malmenés, Eva et Alexandre, que nous laisserons rageusement sur une fin au cliffhanger plus qu'accrocheur...  Sans parler des quelques figures intrigantes qui laissent plus que des traces de leur passage dans cette histoire !

     

    Bref : un thriller fantastique très réussi, dur et perturbant, à la documentation solide fondue dans un récit efficace.

     

    Le petit plus : une discussion est organisée sur Livraddict le 24 avril avec l'auteur, Sire Cédric !

     

    Pour aller plus loin : la thèse de Karine Hénon, Anthropophagie et trouble de l'identité, où l'on retrouve une grande partie des mythes évoqués ici.

     

    Merci qui ? Merci à Livraddict et aux éditions Le Pré aux Clercs pour l'envoi grâcieux de cet exemplaire !

     

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  • les fleurs de l'ombre steve mosby

    Les choses ne se passent jamais ainsi.


    Si l’inspecteur Michael Sullivan a appris quelque chose au cours de ses douze années passées dans les forces de police, c’est bien que les petites filles ne se contentent pas de réapparaître comme par enchantement. Il le sait par expérience, ce n’est pas ainsi que fonctionne le monde. Tout ce qu’il a pu voir par le passé et tout ce qu’il continue à voir dans le présent lui prouvent le contraire : la lente désintégration de tout ce qui est juste et bon.


    Ainsi commence La Fleur de l'Ombre  -ou Les Fleurs de l'ombre ? -, roman obsédant écrit en 1991, et qui peu à peu, envahit la vie des personnages, à tel point qu'il est difficile de discerner la fiction de la réalité, où l'on ne sait plus qui s'inspire de quoi : le psychopathe du roman ou l'écrivain du tueur  malade ? ou autre chose est-il en jeu ?



    J’avais gardé un très bon souvenir d’Un sur deux de Steve Mosby, et j’ai peu hésité lorsque j’ai vu en rayon Les Fleurs de l’ombre… 

     

    Livre(s) dans le livre –où le roman de Mosby commence-t’il vraiment ? où s’arrête celui du romancier imaginaire ?-, mise en abyme perpétuelle et qu’on dirait sans fin, Les Fleurs de l’ombre est un roman noir, très noir, sans sucre ni lait, qui laisse un goût amer en bouche.

     

    Dans ce roman plus que réussi, l’auteur piège le lecteur dans un puzzle aux pièces innombrables, dont on ne discerne pas toujours les contours, mais sans jamais le lasser, bien au contraire ! Reconstituer l’image complète va nous prendre du temps, jusqu’à l’épilogue, pour terminer sur un dénouement non pas machiavélique mais bien sombre, si sombre que l’on sent flotter dans les ultimes pages tous les fantômes du –pardon ! – des livres.

     

    L’auteur américain a su écrire dans des styles différents selon l’auteur  -Steve Mosby ? un autre ?-, de façon assez perturbante –difficile de discerner la vérité-, mais toujours convaincante. A travers ce thriller, a-t’il voulu nous faire part d’une réflexion sur les écrivains et leur œuvre, leurs personnages ? Relation ambigue qu’ils entretiennent, ceux-là, en effet… Quand on croit avoir atteint le paroxysme de cet inceste (sans spoiler, je dirai juste pour ceux qui l’ont lu, la découverte d’une certaine pièce), on réalise qu’on ne fait que tomber de Charybde en Scylla, et le lien qui unit tout créateur avec son œuvre nous semble monstrueux…

     

    Oui, mais… Il est difficile de décrocher de ce roman, difficile de s’arrêter à la fin d’un chapitre ou au milieu d’une page, comme conduit  à la fois par une fascination malsaine, une curiosité irrépressible et un besoin maladif d’être finalement rassuré. Je l’ai lu avec le cœur serré, les lèvres pincées, à la limite quelquefois du malaise, tant l’univers du tueur est dur, dur à lire et à imaginer… Et on n’a aucun mal à le faire, cela, car Mosby, poètiquement, trempe sans équivoque sa plume dans le morbide non pas sensationnel mais évocateur et sublime à la fois (en écrivant ces mots, je me fais l’effet d’un monstre et me sens mal).

     

    Je sirotai mon vin puis ramassai les pages, les alignai en les tapotant sur mon bureau et entrepris de les relire.

    Plutôt bizarre.

    Et plutôt dur, aussi.

    Mais les histoires peuvent se le permettre, tant qu’elles sont honnêtes.

     

    En sus de cette intrigue et de cette ambiance, Les Fleurs de l’ombre porte des personnages complexes, dont on est curieux, auxquels il n’est pas si facile que ça de s’attacher, mais qui nous font passer par des tonnes d’émotions et d’opinions… tout est vraisemblable, et en même temps, tout nous semble extraordinaire, à la limite du surnaturel. J’ai vu un film ce soir où l’on dit des psychopathes : « ils vivent dans un monde parallèle, où il est possible de voler », c’est exact ici.

     

    Bref : un roman coup de poing, coup de cœur… coup de poing au cœur !!

     

    Le petit plus : Le prix réduit de la version numérique, merci aux éditions Sonatine, chez qui on trouve doublement des trésors !

     

    Les indispensables : 354 pages, éd. Sonatine, janv 2012 (20 € / 14,99 € ebook)

     

     

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